88è Salon International de l’Automobile de Genève

La première journée à peine ouverte au public que déjà notre gentil groupe de passionnés prend le premier vol pour Genève. Je l’ai mentionné maintes fois sur MechanicsInMotion, le salon International de l’automobile de Genève (Geneva International Motor show) est un absolu incontournable. Se rendre ici en Suisse c’est la garantie d’une présentation détaillée de la production mondiale automobile mais c’est aussi et surtout la garantie de rêver et cela n’a pas de prix.

Cette année j’obtiens l’accréditation presse mais comme nous partons à une dizaine, je décide de ne pas assister aux journées presse les mardi et mercredi. Je le ferai l’année prochaine.

D’un point de vue général, la 88è édition de ce GIMS n’est pas la plus impressionnante des éditions et ce pour deux raisons principales. Peu de grandes révélations en première mondiale et comme ce fut le cas voici 4 ou 5 ans, on nous tabasse le crâne par la satanée voiture électrique comme étant le remède à tous les maux de la terre alors qu’il ne s’agit que d’un joli placebo pour écologistes bobos incultes.

Cette vision automobile me désespère au possible. Croire que l’électrique est l’avenir c’est penser que l’électrique est égal à zéro émission de CO2 et faire fi d’un environnement industriel bien plus compliqué. La fabrication des batteries, l’utilisation au quotidien de l’e-automobile et le recyclage desdites batteries sont trop souvent limités à la simple utilisation au quotidien de la voiture.

Loin de moi l’idée de débattre des heures sur le sujet avant de vous présenter ce salon de Genève mais force est de constater que l’usage de votre voiture électrique vous coûtera un peu de sou ! A l’achat tout d’abord car en dépit des aides poussives de l’état, l’auto reste plus chère qu’un équivalent thermique. Ensuite vos déplacements “zéro émission” ne seront pas neutres. Prenons une automobile électrique dans le moyen de gamme de la production, cette dernière consommera 15 kWh / 100 km. En heures pleines ceci représente 2,20 € et environ 1,90 € en heures creuses de recharge. Certes bien moins cher qu’un équivalent thermique mais compte tenu du prix d’achat de l’engin, il convient de bien y réfléchir. Comment sortir du nucléaire si on charge davantage nos centrales ?

La production de nos batteries n’est pas sans impact. Le lithium tout d’abord n’est disponible que dans certaines parties du monde (la Bolivie, le chili, notamment) et en quantité bien trop insuffisante pour équiper un parc automobile mondial. Votre empreinte CO2 n’est pas non plus négligeable et il vous faudra rouler entre 45 000 (batterie 30 kWh) et 130 000 kms (Batterie 100kWh Tesla) pour compenser la production de la batterie par votre phase de roulage. Trop souvent d’ailleurs l’union européenne omet de préciser que ces batteries fabriquées en dehors de l’union déporte notre empreinte CO2. On pollue chez les autres mais pas chez nous.

Enfin le recyclage des batteries pose toujours problème. Que faire de ces déchets ?

Tout cela pour dire que le tout électrique n’est pas – à mon humble avis – LA solution; Tout au plus une énergie de transition. Je crois davantage à l’hybridation où l’électrique apporte une avancée technologique et sportive par la suppression de l’inertie de couple moteur. Pour autant l’hybridation ne déroge pas aux problématiques de production de batteries et de leur recyclage.

Alors voir notre Maire de Paris déambuler dans les allées du salon de Genève m’hérisse les poils (qui plus est en compagnie de Jean Todt !). Mais que fait cette autophobe primaire en Suisse, là où la passion automobile respire dans chaque allée. Peut-être cherche t-elle sa voiture électrique ?

Je remarque par ailleurs que le constructeur Tesla n’est pas présent sur le salon de Genève (comme l’an passé du reste) même si çà et là on découvre un model S, un model X et un model 3.

Vous excuserez la qualité des photos toutes prises avec un smartphone. Promis l’année prochaine je reprends le reflex !

Nous entrons en matière chez Brabus préparateur Mercedes. La firme expose le monstrueux 900 sur base du Mercedes-Benz G65 AMG. Il fallait au moins 900 chevaux pour propulser les 2 tonnes 600 du bestial 4×4 ! 10 exemplaires à 666 000 euros l’unité (the number of the beast).

Juste à côté c’est l’élégance qui prône. Brabus Classic nous présente une Mercedes 300 SL roaster. 1 790 000 euros pour ce modèle d’août 1957.

En face nous ne pouvons pas manquer la Formule 1 championne du monde 2017 au volant de laquelle Lewis Hamilton a été sacré.

A défaut de pouvoir prendre en photo le nouvel AMG GT 63S coupé 4 portes tant la foule s’agglutine autour de l’automobile, je me console par le splendide AMG GT coupé dont on ne se lasse pas.

Chez BMW le nouveau X4 ne m’arrache pas l’esquisse d’un rictus approbateur. Je m’attarde donc sur le M8 concept d’une rare beauté et qui présage de la nouvelle série 8 à venir.

En première mondiale BMW présente son nouveau X2. Plus petit et plus cher qu’un X1, la pilule sera difficile à faire passer. Je ne sais pas comment les vendeurs du réseau vont s’y retrouver dans cette jungle de produits … pour ma part j’aime beaucoup son look.

La déclinaison roadster tant attendue de l’i8 est enfin dévoilée.


Nous retrouvons non sans plaisir le Z4 concept. Parfait.

Dans le moins beau est pour concurrencer l’Audi Q7, voici le X7 encore à l’état de concept avec un lancement prévu en fin d’année.

Monsieur Fillon en pleine visite. Je crois bien qu’il connait le salon par coeur !

Du côté de chez Jaguar, e-pace et i-pace font leur show. le e-pace est le petit frère du f-pace et le i-pace un modèle 100% électrique dont l’esthétique est proche du model X de tesla.

Rolls Royce nous étonne parfois avec des modèles d’une rare grâce. Cette Dawn est là pour nous le confirmer.

Un grand tour chez Ferrari où nous sommes reçus royalement. Pour cette 88è édition du salon, Ferrari inaugure la version pistarde de sa 488 GTB. Baptisée 488 pista (tout un programme), cette Ferrari reprend la base moteur de la GTB et porte la puissance à 720 chevaux en retravaillant entre autres les deux turbos. Une voiture esthétiquement très réussie (surtout dans sa livrée grigio nurburgring). On frôle les 300 000 euros. Le bloc moteur plus petit que la 458 est bien moins joli. La bella chante malheureusement moins haut au profit d’une efficacité accrue par rapport à la 458 speciale.

A ses côtés on redécouvre la Ferrari 812 superfast présentée l’an passé ici même. Belle bête avec un intérieur parfait. Du grand art.

Une GTC4Lusso complète la gamme v12 et je découvre pour la première fois la portofino digne remplaçante de la California T. Même base moteur que la 488 GTB avec une puissance de 600 étalons. Si seulement …suis fan.

Enfin l’activité Taylor Made présente une Ferrari 488 GTB très personnalisée en hommage à la patrouille italienne d’acrobatie.

Nous (re)découvrons David Brown qui présentait ici même l’an passé ces belles automobile néo-rétro. On retrouve donc une Speedback GT comme l’an passé à laquelle s’additionne une édition spéciale Silverstone.

Chez nos amis suédois de Koenigsegg nous ne sommes jamais dépaysés. Une CXX de 2006 et une Regera occupent le stand.

Au risque de me répéter, s’il est une marque que je mets juste au dessous de Ferrari c’est bien évidemment Pagani. Que j’aime cette marque. Pagani a augmenté ses cadences de production suite à son déménagement et se permet de produire plus de 40 véhicules par an. Cette année Horacio nous propose une magnifique Huayra Roaster en départ pour les états-unis ainsi qu’une Zonda HP barchetta découverte à Pebble Beach en 2017. Selon Horacio il s’agit d’une représentation idéale de la Zonda. Je ne partage pas cet avis.

Et la belle en video Huayra.

Porsche l’an passé dévoilait la 991 GT3, cette année c’est la version GT3 RS qui est présentée et qui annonce la fin des hostilités de la 991 avant son remplacement. Intéressant d’ailleurs de noter que les heureux propriétaires seront livrés alors que la remplaçante de la 991 sera commercialisée …

Je dois avouer que cette auto est plus impressionnante de visu qu’en photo. 520 chevaux au programme et une livrée verte qui lui va à merveille.

A part cela rien de bien nouveau. Je passe sur le concept full électrique Mission e Cross Turismo et sur la 718 Boxster GTS avec son moteur 4 cylindres bien éloignés de l’ADN de la marque.

Chez Lamborghini il y a du lourd. L’Urus tout d’abord. On aime ou on déteste. Pour ma part j’adore même si au fond il s’agit d’une Audi re-badgée…avec son moteur V8 bi-turbo (une première chez Lamborghini) qui équipe Porsche Cayenne et autre Audi RS6. Ici on culmine à 650 chevaux.

Nous n’attendons plus que le SUV Ferrari, pardon le FUV de Maranello et la boucle sera bouclée. Rappelons-nous néanmoins que Porsche a gagné sa survie grâce au SUV. D’abord le Cayenne puis le Macan qui à eux seuls représentent presque 62% de la production de Stuttgart. C’est grâce à ces ventes que Porsche est capable de nous concocter des GT3 et GT3 RS !

Une aventador S que nous avons déjà vu.

et une autre nouveauté au coloris très invocateur. La version spyder de l’Huracan Performante.

Chez Aston Martin la remplaçante de la vieillissante Vantage était très attendue. Là voici dans une rupture stylistique totale. Y’a du beau et du moins beau. Personnellement j’ai un peu de mal. Je trouve l’avant fade et l’arrière beaucoup trop torturé.

La DB11 est présentée sans toit.

Je ne vais pas souvent voir les américaines mais le stand Ford mais à l’honneur sa mythique Mustang pour fêter les 50 ans du film Bullit avec Steve McQueen. On trouve donc sur leur stand une magnifique Mustang GT 390 fastback restaurée pour ressembler à s’y méprendre à la voiture conduite par l’acteur.

La mustang moderne présente donc une série limitée Bullit dans un coloris Dark Highland Green qui développe 464 chevaux. Bravo ! Il s’agit de la même teinte que les photos ne mettent pas en valeur.

Avant de vous quitter et de clore cette 88è édition du Geneva International Motor Show, un petit clin d’oeil à McLaren qui présente sa Senna. Malheureusement l’accès au stand a été impossible donc je ne mets pas à l’honneur la marque cette année. Prix de base 930 000 euros plus 340 000 euros d’option full carbon histoire de passer la barre du million !

Alors à l’année prochaine pour la 89è édition !