S’il fallait en choisir une deuxième…

Oui s’il fallait en choisir une deuxième ? Quelle serait-elle ? Une deuxième, parce qu’en 2014 j’ai eu l’immense plaisir de remplacer ma Ferrari F355 berlinetta par une Ferrari F430 spider (Je vous invite à lire le reportage lors de la livraison de cette Ferrari). Une auto magnifique, attachante, aux performances hors normes et dans laquelle je goûtais le plaisir de conduire cheveux au vent.

Une Porsche ?

Depuis quelques temps j’envisageais de faire l’acquisition d’une Porsche pour compléter le cheptel. Et je ne cessais de tergiverser sur mes choix. Une 911 type 997 phase 2 revenait très souvent car j’adore sa ligne. Une Carrera 4S voire une GTS semblait accessible et de constater que la GTS n’avait guère baissé en prix depuis que je m’y intéressais en 2013.

Porsche Carrera 4 GTS type 997

J’avais d’ailleurs eu l’occasion de bien observer la 997 GTS alors que je faisais préparer ma F355 chez Swissvax Paris à l’époque tenu de belle façon par Sébastien J. (il se reconnaîtra !). Je re-découvre avec vous la visite interactive que j’avais effectuée lors de la pose d’une cire de Carnauba.

Certains de me dire que le pas vers une 911 type 991 n’est pas bien grand mais à mes yeux cette auto reste “classique” sauf d’aller chercher la GTS (en phase 1 bien sûr donc sans turbo) qui se négocie aujourd’hui autour de 120 000 euros, un peu plus en version découvrable.

Je regardais également les Boxster et plus particulièrement le Boxster 981 GTS au flat6 qui développe 330 chevaux, j’ai failli à quelques rares occasions franchir le pas mais les configurations n’étaient pas celles que j’envisageais. Belle auto que je trouve toujours d’actualité pour un budget raisonnable autour des 73000 euros.

Porsche Boxster GTS type 981

Inutile de vous dire que j’avais mis de côté l’achat du neuf. Les malus dits écologiques de plus en plus élevés détournent bons nombres d’acheteurs du neuf pour se diriger vers l’occasion. Seuls les 718 correspondaient à mon budget mais les Flat 4 bi-turbo ne m’enchantent guère donc je passais mon chemin jusqu’au moment où …

Et pourquoi pas un 718 ?

Les 718 ont fait leur entrée dans la gamme en 2016 pour “remplacer” les Cayman et Boxster type 981. Pour faire passer la pilule de l’abandon du flat 6 atmosphérique et son remplacement par le flat 4 (normes anti-pollution obligent), Porsche re-lance l’appellation 718 en hommage à la Porsche éponyme produite entre 1957 et 1962. Certes ces autos sont efficaces et puissantes mais l’âme de Porsche ne doit-elle pas son salut à un flat 6 ?

En Juin 2019, un grand coup de tonnerre retentit au nord de l’Ecosse. Contre toute attente, Porsche présente le 718 GT4 et sa version découvrable, le 718 Spyder qui renouent tous deux avec un flat 6 …

Porsche 718 GT4 – Type 982

Retour du flat 6 mais pas celui auquel on pense !

Un flat 6 de 4 litres, cela ne vous rappelle pas le moteur flamboyant de la Porsche 911 GT3 type 991 ? Le même moteur qui équipe la 911 speedster, la même base que la GT3 RS. Et bien il n’en est rien. Porsche ne puise pas dans ses moteurs du département GT. Le moteur semble trop compliqué à adapter sur une auto au gabarit plus petit, il est plus onéreux et peu compatible avec les tarifs 718 et son positionnement est totalement différent. D’un porte-à-faux arrière sur la 911, il se positionne en central arrière sur le 718.

Porsche 718 Spyder / GT4

Non ce moteur est issu du bloc de la toute dernière Porsche 911 type 992. Ce dernier est un 3 litres bi-turbo. Porsche supprime les turbo, réalèse le tout pour porter la cylindrée à 4 litres.

Flat 6, atmosphérique, 4 litres, 420 chevaux, 1420 kgs, boîte mécanique … cela a suffi pour que je commence très sérieusement à m’y intéresser, mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille …

Le flat 6 tant attendu !

Comme les fidèles lecteurs le savent, depuis l’acquisition de ma Ferrari F430 spider, la conduite “topless” est indéniablement celle que je préfère. Je ne suis pas un pilote de circuit mais un simple gentleman driver qui aime les hautes performances automobile !

Avant de me lancer dans une configuration poussée de l’auto, je jette donc mon dévolu sur la version cabriolet, le 718 spyder.

Pour la premier fois en trois générations, le spyder reprend intégralement les spécifications de son frère coupé le GT4, un vrai produit GT issu du département GT de Porsche à Weissach. Et cela change tout !

J’entends bien sûr ceux qui diront que le moteur n’est pas un organe GT et ils ont parfaitement raison. Nous reviendrons sur le rapport prix / performance des 718 GT4 et Spyder qui avec le moteur de la GT3 n’aurait pas été le même !

Porsche 718 GT4 et Spyder partagent dorénavant les mêmes spécifications.

Le 718 Spyder

Dans la gamme Porsche seuls deux produits ont droit à l’appellation Spyder: le 718 et bien évidemment la 918 dévoilée en septembre 2013 au salon de Frankfort. Une supercar hybride qui a fait les choux gras de la presse automobile qui l’opposait à la LaFerrari.

La grande particularité du 718 spyder est cet emblématique double bosselage sur le capot arrière qui est un clin d’oeil au passé et plus particulièrement au 718 des années 50. C’est certainement la pièce d’accastillage qui me fait le plus craquer !

Le double bosselage, une spécificité du 718 spyder et du 911 speedster
Porsche 718 – ici le modèle RSK de 1958

Que ce soit découverte ou couverte, ce 718 spyder a du charme. Je suis particulièrement fan du look alors que la capote est en place même si, on s’en doute, un cabriolet se conduit à ciel ouvert !

718 Spyder, un look ravageur

En juillet 2019, je m’engage timidement dans quelques concessions Porsche pour tater le terrain. Ce sera toujours la même rengaine: mais mon bon monsieur vous n’êtes pas propriétaire Porsche et cette auto, dont les quotas sont très limités par concession, est très demandée. Nous privilégions nos fidèles clients. Au revoir ! Quand certains n’hésites pas à me proposer des produits alternatifs qui n’ont d’alternatifs que l’adjectif.

Je finis par me décourager jusqu’à ce qu’un ami me donne l’idée d’appeler une concession belge où il est client : “Ils en ont une de dispo sur 2019 sinon certainement sur 2020”. Le timing me semble parfait pour 2020. J’appelle.

Quelle n’est pas ma surprise d’entendre un discours commercial totalement différent. Oui, nous avons des positions de disponibles pour 2020, chez nous c’est simple: un client, un bon de commande, une voiture !

Le 12 août 2019, je commande mon 718 spyder. Pas de certitude absolue d’avoir des quotas sur 2020 mais je me positionne n°1 sur leur liste. Tout cela est de bon augure.

Les mois s’égrainent. Entre temps les mauvaises nouvelles s’enchainent. Le malus à 10 500 euros lors de ma commande (gloups) passe à 12 500 en septembre 2019 et fin décembre notre gouvernement décide à 13 jours de la fin de l’année de passer ce même malus à 20 000 euros dès le 1er janvier 2020. J’adore nos politiques qui changent les règles du jour au lendemain. Je suis engagé auprès de la concession belge, je fais à mon tour des concessions (!!!) et décide de poursuivre le projet qui s’alourdit de 10% …

Je valide ma configuration définitivement en février 2020 pour une livraison prévue en mai. La crise sanitaire passe par là et le projet est retardé de deux mois.

Après toutes ces péripéties, l’attente touche à sa fin. La livraison est prévue maintenant dans quelques jours …je ne manquerai pas de partager avec vous notre road trip qui ramènera ce 718 spyder en France. Mais d’ici là permettez-moi de partager avec vous la configuration de l’auto.

La configuration extérieure

Extérieurement, même si le choix de coloris est assez restreint, j’opte assez vite pour le bleu gentiane. Je l’associe à des jantes couleur platinum satinée.

Porsche 718 spyder Bleu Gentiane, ici avec les jantes de 20″ couleur alu
Le bleu gentiane est apparu sur la 911 type 992, puis sur le Taycan
Le bleu gentiane (configurateur) associé aux jantes platinum de 20″

Comme il se doit chez Porsche, la liste d’options est interminable et on a vite fait de laisser quelques dizaines de milliers d’euros à faire de sa voiture une auto presque unique.

Et l’intérieur ?

Au registre de ce qu’il faut retenir pour l’intérieur, je pars finalement sur les sièges sport plus (18 positions) au détriment des sièges baquets intégraux identiques à ceux de la 918 spyder. Les sièges sport plus sont plus confortables et plus en adéquation avec l’utilisation que je ferai du 718. J’espère que l’avenir me donnera raison, j’ai longtemps hésité.

La voiture configurée reprend la quasi totalité des options cuir et après avoir initialement configuré l’auto avec des surpiqûres rouge, je décide finalement de partir sur du gris argent ce qui différencie complètement le 718 spyder de mes autres voitures et qui permet d’avoir le logo Porsche gaufré sur l’accoudoir central.

Intérieur cuir/alcantara, surpiqûres, ceintures et ouverture de portières en argent GT

Enfin les baguettes de finitions sont en aluminium brossé noir et les compteurs ainsi que le chrono sont en rouge bordeaux.

Alcantara et cuir sont largement présents

Je passe sur toutes options (environ une trentaine) mais le principal est là pour se donner une idée assez précise de la configuration.

Alu brossé noir et surpiqûres argent GT

Même gavé d’options ce 718 spyder reste une bonne affaire. Oui les Porsche sont chères mais pour deux fois moins cher qu’une GT3, vous accédez à l’univers GT de Porsche dans une auto atypique, collector dont le rapport prix/plaisir/performance est inégalé.

Les différents essais que j’ai pu lire et voir, montrent un 718 spyder très bien né, dans le registre de la catégorie GT de Porsche c’est à dire de haute volée. Côté griefs, les premiers rapports de boite un peu longs et les FAP (filtres à particules) qui “étouffent” un peu la sonorité du flat 6 si on le compare à la génération précédente 981. Je ne manquerai pas de partager mon retour d’expérience dans un prochain billet.

Dans cette attente, portez-vous bien et bonne route !