Retromobile 2017

Il est salon qui devient un incontournable au fil des ans dans l’hexagone. Le salon Retromobile prend une place de premier choix dans notre beau pays et beaucoup de le préférer au Mondial de l’automobile. Pour tous les amoureux de voitures anciennes, Retromobile envahit les hall 1 à 3 de la porte de Versailles, preuve que cette 43è édition connait un succès croissant.

Avec le salon automobile de Genève qui ouvrira ses portes en Mars, Retromobile reste pour moi un salon incroyable, attendu et qui nous transporte dans l’histoire de l’automobile. Par la même occasion Artcurial propose ses mises aux enchères avec cette année encore de belles pépites !

Comme vous allez le découvrir dans ce billet, les surprises sont de taille et comme tout tifosi qui se respecte, j’espère une mise à l’honneur de la marque qui souffle cette année ses 70 bougies.

Et si nous commencions par les Ferrari ?

Ni une ni deux, je repère le stand de Monsieur Franco Meiners qui m’avait impressionné lors du salon Retromobile de 2014 avec une magnifique Ferrari 330 P4 associée bien élégamment au camion Fiat 642 RN2 Bartoletti de 9 tonnes. Cette année c’est le festival de la Formule 1 made in Maranello avec 7 modèles exposés !

Tout d’abord deux Ferrari 312 F1 de 1969 (châssis #0019 et #0017) qui vit à leur bord Chris Amon et Pedro Rodriguez (qui décédera 2 années plus tard au volant d’une Ferrari 512M)

Une Ferrari 1512 F1 (châssis #0009) de 1965 qui vit à son bord John Surtees ( qui vient de fêter ses 83 printemps) et Lorenzo Bandini (décédé en 1967 au GP de Monaco sur Ferrari 312). V12 de 1,5 litres.

Une Ferrari 166 F2 – 246 Tasman de 1967 (châssis #0008).

Une Ferrari 312 B2 de 1972 (châssis #008)

Une Ferrari 312 B3 de 1972 (châssis #009)

Et enfin une Ferrari 312 B3 de 1974 (châssis #014)

Un vrai tour de force que d’arriver à réunir autant de Formule 1 de la marque, Bravo !

Dans la continuité du cheval cabré (on ne se refait pas !), Retromobile rend hommage à Ferrari pour ses 70 ans.

On découvre tout d’abord une Ferrari 166MM barchetta touring (celle du musée du Mans que je vais visiter dans quelques jours), absolument magnifique. Cette automobile a été construite entre 1948 et 1953 à environ 50 exemplaires. Elle est une des déclinaisons routières de la 166S.

 A sa gauche en retrait une Ferrari Tipo 500 (500 F2) de 1952. Aurelio Lampredi en est le concepteur. 4 cylindres 1984 cm3.

Ensuite deux automobiles en provenance du musée de l’automobile de Mulhouse. Une Ferrari 156B. La Ferrari 156 amena au Phil Hill au championnat du monde 1961 !

Et une Ferrari 250 LM qu’on ne se lasse pas de contempler.

Quand je vous disais qu’on en prenait plein les yeux ! Et ce n’est que le début. Et hop une Ferrari 250 GT Cabriolet série 1 !

Non loin une Ferrari 250 SWB, l’une de mes Ferrari préférées.

Une Ferrari 275 GTB.

Une moderne est également exposée et n’est autre que la dernière Ferrari à moteur V8 arrière. La 488 GTB qui renoue avec les moteurs turbocompressés (670 chevaux). La configuration est ici très réussie.

Et pour terminer la boucle une Ferrari 500 TR également en provenance du musée de Mulhouse.

Comme nous sommes non loin de l’exposition avant-enchêres d’Artcurial, nous profitons de l’occasion pour s’engouffrer dans la caverne d’Ali Baba.

Deux automobiles font l’événement et cette année encore il s’agit de … Ferrari !

Tout d’abord le prototype unique de la Dino. Il s’agit plus particulièrement de la Dino 206 P berlinetta special de 1965 dessinée par Pinifarina qui présage l’arrivée de la Dino 206 GT la même année. Estimée entre 4 et 8 millions d’euros, cette dernière partira finalement à 4,39 millions d’euros. Les acheteurs ne se sont pas enflammés pour ce prototype en triste état.

Il est à noter que Sergio Pininfarina après l’accord d’Enzo ferrari, offrit ce prototype Dino au musée de l’automobile du Mans qui la possédait depuis. La vente de ce prototype par le musée du Mans, servira à la promotion, l’embellissement et l’enrichissement de la Collection de l’Automobile Club de l’Ouest. Bref ils avaient besoin d’argent !

On imagine aisément comment ce dessin préfigure la gamme V6 puis V8 de Ferrari dont la dernière 488 s’inspire encore ! Un coup de crayon proche du génie.

Beaucoup plus dans l’élégance, le lot 125, la Ferrari 166 Spyder Corsa par Scaglietti de 1948. Sans prix de réserve elle partira à 2,9 millions d’euros.

Le lot 122 n’est autre qu’une Ferrari 250 GT cabriolet. Malheureusement le lot n’est pas visible sur la page de résultat d’Artcurial. Impossible de savoir si l’automobile a trouvé preneur et à quel prix. Dommage.

A l’entrée de l’exposition Artcurial, deux Ferrari attirent l’oeil. j’avais vu l’une d’entre elle dans un autre coloris lors de mon voyage initiatique à Maranello en 2011 en visitant le garage Toni. Il s’agit d’une Ferrari 550 barchetta (automobile à droite de la photo). La seconde (à gauche de la photo) n’est autre qu’une rare Ferrari 575M Superamerica (au toit escamotable et electrochromatique) qui fut dévoilée en 2005 au salon de Las Vegas. Cette dernière a été adjugée à plus de 382 000 euros. Malheureusement impossible de prendre une photo de face.

Nous croisons alors Marion Grosjean (TF1) et Pierre Novikoff (Artcurial) en pleine interview.

Nous reviendrons sur les autres Ferrari du salon qui ont retenu mon attention mais pour le moment me voici attiré par deux automobiles incroyables et emblématiques de l’histoire de l’automobile. Une époque où je n’étais pas ou tout juste né alors que la créativité automobile battait son plein.

Une Lamborghini tout d’abord et pas n’importe laquelle ! Une Miura SV de 1972 adjugée à presque 2,4 millions d’euros. Une perle d’autant que celle-ci est dédicacée par Valentino Balboni !

La seconde qui reste un éternel coup de coeur n’est autre que la Mercedes 300 SL papillon. Certes le coloris n’est pas dans la gamme de mes préférés mais cette automobile reste fantastique plus de 60 ans après sa sortie.

Non loin de là, la version plus “civilisée” de la Miura SV est également mise aux enchères. La Miura P400 de 1968 qui a été adjugée pour la modique somme de 888 000 euros.

Les lots 126 et 127 ne peuvent nous laisser indifférents bien au delà de la beauté intrinsèques des deux bolides. Au profit de l’association “la bonne étoile” qui aide les enfants vietnamiens laissés pour compte, Johnny hallyday met en vente sa Cadillac Serie 62 Cabriolet de 1953 élaborée par le pape des Custom, Boyd Coddington. La longue américaine est partie pour 270 000 euros.

Le second lot est la Harley Davidson du chanteur. Une Harley Davidson Softail Springer 1340 cc de 1989. Elle est partie pour un montant plus élevé que la Cadillac : 280 000 euros.

Pour vous donner une idée de l’ambiance lors des enchères, voici une video concoctée par Artcurial Motorcars.

Nous quittons Artcurial pour poursuivre la découverte des merveilles de ce salon. Inévitablement nous tombons en extase devant un chef d’oeuvre encore issu de Maranello. Je dois avouer que je me suis pincé plusieurs fois pour être sûr de ne pas rêver. Pourquoi ? parce que l’automobile que nous avons sous les yeux est unique ! C’est chez Peter Auto que se trouve l’unique version de cette Ferrari 250 GT SWB “Breadvan” (châssis #2819GT) que nous avions déjà vu lors de sa participation au tour auto 2014.

La genèse de cette carrosserie unique et atypique commence… Par une dispute ! Renvoyé sans ménagement par Enzo Ferrari au mois d’octobre 1961, l’ingénieur Giotto Bizzarrini, père de la GTO, s’associe quelques semaines plus tard au comte Giovanni Volpi di Misurata, propriétaire de la Scuderia Serenissima Republica di Venezia (SSR). En représailles à cette union, le Commendatore annule la livraison des deux GTO commandées par l’équipe italienne. Pourtant, le groupe n’abdique pas, au contraire : il se lance corps et âme dans l’irrationnel défi de venir défier les voitures officielles au Mans avec une ancienne Ferrari 250 GT modifiée. Giotto Bizzarrini prend pour base le « châssis court » (n° 2819) avec lequel Olivier Gendebien s’est classé deuxième du Tour de France Automobile 1961.

Afin d’améliorer l’équilibre de l’auto, son mythique V12 de 3 litres « Colombo » est abaissé et reculé autant que possible. Gavé par six carburateurs Weber double corps de 38 millimètres, le moteur développe 300 ch, soit autant que celui de la GTO. Enfin, la nouvelle machine surprend par la forme insolite de sa hotte arrière qui lui vaut rapidement le surnom de « camionnette à pain » (Breadvan). Pourtant, contrairement aux apparences, l’auto s’avère plus aérodynamique et plus légère (935 kg) que sa rivale de l’usine ! Elle souffre en revanche d’un gros handicap, celui d’une boîte à quatre rapports mal étagée, à l’inverse de la GTO dotée, elle, d’une nouvelle transmission à cinq vitesses. Partie dans le rythme des meilleures voitures de sa catégorie aux 24 Heures du Mans 1962, elle abandonne durant la 4ème heure de course (transmission cassée).

Naturellement ignorée par le Commendatore, la Ferrari 250 GT Breadvan n’a été reconnue qu’en 2010 par Maranello comme un « véhicule présentant un intérêt historique »

Est-il encore nécessaire de remarquer que les grandes histoires font les grandes auto !

Chez Mecaniques Modernes et Classiques, quatre belles voitures sont exposées et malheureusement difficile de bien les photographier. Une Ferrari Daytona spider de 1968.

A sa droite, une Ferrari 275 GTS pino verde de 1965.

De l’autre côté du stand une Maserati Ghibli 4,7 litres spider de 1971.

Enfin une très jolie Ferrari BB 512 de 1980.

Plus loin une très belle Ferrari 330 GTC.

Le stand de RM Sotheby’s est extraordinaire également avec deux voitures juste sublimes. Une Ferrari 166MM/212 export Fontana Uovo de 1950 (châssis #024MB). Originellement livrée en barchetta touring, elle fut recarrossée par Fontana suite à un accident lors des Mille Miglia. Sa forme d’oeuf lui donna son nom (Uovo).

A ses côtés une Talbot Lago T150-C SS Teardrop par Figoni et Falaschi de 1939. Cette automobile a été entièrement restaurée en 2002 pour son actuel propriétaire.

Un peu plus loin une rare Ferrari 512 M qui sera la dernière évolution de la 512 TR produite jusqu’en 1996.

Ferrari 250MM Vignale Spyder de 1953. V12 de 3 litres de cylindré et 240 chevaux. Magnifique. 12 exemplaires construits !

La mythique Aston Martin DB5 de James Bond (1963-1965) équipée de tous les gadgets indispensables à l’agent 007.

Ferrari 250 GT Lusso.

Chez Fiskens, de très jolies choses cette année encore. Une Lamborghini LP400 Countach Periscopica de 1975 coloris Giallo Flay. Version très recherchée par son périscope central qui permet au conducteur de voir à l’arrière. La version ici vendue (la 31è countach sortie des usines) a été immatriculé pour la première fois le 1er juin 1975 en Arabie saoudite par le Prince Mansour bin Mishal de Djeddah, frère du premier ministre saoudien.

Une Ferrari 365 GTS/4, l’un des 122 spider d’usine. Ici dans une teinte Marrone Colorado d’origine.

Une Ferrari 312 T3 victorieuse au Grand Prix des Etats Unis 1978 au volant Carlos Reutemann.

Porsche 356, en version Carrera 2 GS. Une automobile que je verrais bien dans ma collection.

Et pour terminer ce tour d’horizon de cette édition 2017 de Retromobile, nous nous attardons sur le stand de Sport & Collection qui se tiendra comme chaque année au Vigeant les 2, 3 et 4 juin 2017. Mechanicinmotion sera de la partie !

Sur ce stand Sport & Collection je m’attarde sur la F1 de Jean Alesi, la Ferrari F93A de 1993 qui finit 2è au grand prix de Monza.

En arrière plan de cette photo, Notre ami Arnaud Meunier expose et vend son dernier livre consacré à Monsieur Charles Pozzi. Très bel ouvrage que je m’empresse d’acheter et de faire dédicacer. Un must pour tout tifosi ! Si vous voulez acquérir ce bel ouvrage, il vous suffit de cliquer ici. Sinon contactez-moi !

A côté de cette Ferrari F1, une Ferrari de route, une Ferrari 275 GTB/2.

Voici qu’une infime vue de ce magnifique salon Retromobile 2017. Un excellent cru. Bravo aux organisateurs pour ce salon qui prend la première place des salons Français dans mon coeur. A l’année prochaine !