BMW i8 – essai routier.

Alors que je laisse ma BMW en révision pour la journée, mon gentil concessionnaire me réserve une belle surprise. “David, j’ai une BMW i8 à l’essai, tu veux la prendre pour la journée ?” me propose le chef des ventes. Vous imaginez que ma réponse n’a pas tardé ! Même si les conditions climatiques ne sont pas au rendez-vous (il pleut à grandes eaux), je jubile à l’idée de découvrir comment BMW conjugue l’hybridation au mode ultra sport.

Le premier sens qui s’éveille est la vue. La ligne est très réussie, très futuriste et les badauds s’arrêtent pour la contempler. Difficile de stationner sans être assailli de questions. J’ouvre la portière mi-elytre mi-papillon. Ca fait son effet mais attention au dégagement nécessaire sur le côté pour l’ouverture. L’intérieur ? On est dans une BMW. Tout est bien organisé, tombe sous la main, est bien construit. On est assis indéniablement dans un véhicule haut de gamme de type 2+2. En effet les places arrière s’apparentent aux sièges d’une Porsche Carrera.

BMW-i8-intérieur

On trouve très vite ses repères et je prends la route dans un silence olympien. Le moteur électrique entraine les roues avant. Il développe 131ch et 250Nm. J’ai hâte de découvrir comment il apporte le dynamisme tant attendu à l’automobile.

Le moteur électrique est jumelé à un moteur thermique. Un 3 cylindres de 1,5 litres associé à un turbo et qui développe 231ch et 320Nm. Il entraîne les roues arrière. C’est la même base moteur que la Mini Cooper… le tout pour un poids contenu de 1485 kg grace à une cellule plastique et fibres de carbone bien visible à l’ouverture des portières. Le châssis est en aluminium.

Nous avons à notre disposition quatre modes de conduite. Un mode 100% électrique qui autorise une autonomie de 37 kms. Seuls les bruits de roulement perturberont votre quiétude.

A l’autre extrémité le mode Sport qui par ailleurs recharge les batteries. C’est dans ce mode que la BMW i8 revendique ses meilleures performances avec un 0 à 100 km/h en 4,4 secondes. C’est aussi dans ce mode que l’i8 dévoile la sonorité de son 3 cylindres. A mi-chemin entre un flat 6 et un gros V8 américain, la sonorité flatte. Néanmoins tout cela sonne artificiel. Je n’ai pas réussi à obtenir plus d’informations sur la façon dont les ingénieurs de Munich ont travaillé le son car apparemment il ne s’agit pas d’un son issu des haut-parleurs de l’i8 et il s’agit bien plus qu’un simple travail acoustique de l’échappement.

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Les deux derniers modes sont le mode Eco Pro et le mode confort (le mode par défaut). Ces deux modes sont hybrides et permettent à la BMW i8 de revendiquer 49g/km d’émission de CO2. Je suis enfin surpris par la boîte automatique choisie. Une boîte 6 rapports alors que la boîte 8 aurait été plus appropriée.

A l’usage la BMW i8 est agréable, allie intélligemment électrique et thermique sans que jamais cela soit perturbant. L’effet turbo est complètement gommé par le moteur électrique et les sensations au volant me font douter des 362 ch de l’i8. On lui en donne facilement 100 de plus. Et pourtant la chaussée grasse pendant mon essai a largement tempéré mes ardeurs. Force est de constater que la BMW i8 tient formidablement bien la route en dépit de la chausse pneumatique minimaliste.

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Alors vient la question de fond. J’achète ou je n’achète pas ? Une fois passée la surprise d’une telle voiture, on se doit de la confronter à son tarif de plus de 140 000 euros. Au long cours le côté aseptisé prendra le dessus, la sonorité artificielle aura vite fait de vous lasser. Ce que l’on peut accepter d’une berline pour un usage quotidien devient rédhibitoire pour une voiture de ce rang. Une bonne version M de la gamme aura vite fait de vous distiller beaucoup plus de plaisir. C’est tout le paradoxe de cette BMW i8. Mais ne nous y trompons pas, la BMW i8 présage une déclinaison hydrique sur toute la gamme BMW et 2016 nous réserve quelques surprises. A vous de juger !

Pour terminer découvrez cette vidéo et le son dégagé par cette i8 dans un tunnel.

Je remercie très chaleureusement les Etablissements BMW Fournier aux Ulis pour cet essai et leur confiance. Un merci tout spécial à David Pena.